Session 3

Session 3 : Technologies de la langue, programmes musicaux et langages informatiques : des données calculables aux improvisations interprétatives

Mardi 22 décembre – 17h-19h30

Le stade numérique du processus de grammatisation transforme radicalement les conditions de la lecture, de l’écriture, de la traduction et de l’expression. Si l’informatique émane du langage et si l’ordinateur peut être défini comme une machine à réécriture automatique, cela ne signifie pas pour autant que la pratique des langues puisse être réduite à un processus computationnel. Au contraire, les pratiques linguistiques, y compris la traduction, comportent toujours une dimension diachronique, qui rend possible leurs évolutions à travers les expressions locales et singulières. Or, c’est précisément cette dynamique et cette diversité langagière qui semblent aujourd’hui menacées par le « capitalisme linguistique » de Google, qui exerce un contrôle sur la pratique des langues au moyen d’outils de correction, d’auto-complétion, de recommandation et de traduction automatique, transformant ainsi les savoirs linguistiques locaux en ressources économiques. Comment lutter contre les effets homogénéisants et désidiomatisants (c’est-à-dire entropiques) de ces nouvelles technologies d’écriture, qui tendent à éliminer les singularités et la diversité des langues ? Comment le traitement informatique de la musique peut-il ouvrir à la dimension d’improvisation inattendue qui caractérise toute œuvre nouvelle ? A quelles conditions un programme peut-il assister les pratiques créatives ? Cela suppose de comprendre le rôle de l’interprétation dans sa capacité à produire du sens au-delà du calculable, et d’en tirer les conséquences pour transformer les technologies de l’information et de la communication en supports de mémoire, d’interprétation et d’invention.

Interventions :

Bruno Bachimont  – Sorbonne Université (sous réserve)

Traitement et mise en récit des données

Frédéric Kaplan – École Polytechnique Fédérale de Lausanne

Enjeux globaux de la médiation algorithmique de la langue

Michal Krzykawski – Université de Silésie à Katowice

De la langue à l’idiome. Pour une linguistique anti-entropique

Gérard Assayag – IRCAM

« Vers la Co-créativité humains – machine :   quels langages et modèles ? »